l’attirance

Fondamentalement, c’est le désir qui pousse un individu vers un autre. Le besoin, tout aussi fondamental, de reproduction. À ce registre, comment expliquer alors l’attrait pour quelqu’un du même sexe, mais c’est un autre débat. Et que dire après que les corps ne soient plus fonctionnels?

Donc, le désir. Un regard, une phrase, un corps, un sourire, une remarque, un point d’ancrage sur lequel on s’arrête, qui nous incite à aller plus loin, à nous rapprocher de l’autre. Alors commence la séduction, comme chez les animaux. L’oiseau lisse ou ébouriffe plus beau plumage, déballe un étonnant pépiement tout en volutes et staccato. La femme ronronne, l’homme bombe le torse.

On se rapproche doucement. Autour d’une table. Quel sentiment excitant quand, entre la poire et le fromage, le niveau d’électricité entre deux corps est tellement fort, qu’il en devient palpable. On se met à vibrer littéralement. Le moindre mouvement provoque des bouffées de chaleur et des montées d’adrénaline, et plus si affinités. Les mots perdent soudain leur sens. On s’ancre dans les yeux de l’autre et une drôle de danse s’amorce: les jambes qui s’effleurent, les bras qui avancent, se frôlent, reculent, les seins qui pointent, les sexes qui se dressent. Un pas de deux invisible pour d’éventuels spectateurs à moins qu’ils aient l’oreille assez fine pour entendre les coeurs qui battent la chamade.

Ah les coeurs. Leur rythme accélère. Ils s’emballent. À un moment donné, on a du mal à se lever de table. Mais non, pas juste à cause de l’alcool qui désinhibe. Parce que notre coeur bat tellement vite qu’on a l’impression qu’il va éclater. Peut-être que les coureurs de fond et les athlètes de haut niveau ne vivent pas la même chose. Il faudra que je leur demande. Eux savent ce qu’une poussée d’adrénaline signifie. Quand on descend une très longue piste de ski tout droit, quand on saute d’un pont attaché à une corde – pas tout à fait ce qu’on peut appeler un sport de haut niveau, quoique, ça se passe à haut niveau – on a une petite idée de ce que ressentent deux amoureux en phase préliminaire de séduction.

Ces palpitations apportent un tel plaisir, qu’elles coupent l’appétit. Attention, je parle du tout début, et non de repas érotiques aux plats soit-disant aphrodisiaques qui cherchent, justement, à reproduire l’excitation du tout premier.

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