une année en Gironde – 11 Château de Roquetaillade

Il a 705 ans. Non, mais réalisez… sept siècles. Et dire qu’au Québec, tout meuble qui a 70 ans est une antiquité!!  Le Château de Roquetaillade tient encore debout, il est même très beau et parfaitement intéressant à visiter. Oui, oui, nous avons joué aux touristes parfaits et avons opté pour une formule guidée. Franchement, ça valait le coup, même si, pour cela, il a fallu se mêler à un groupe (au secours) et écouter un jeune homme déguisé en cardinal, premier propriétaire et bâtisseur des lieux. Je me suis demandé s’il aurait préféré une carrière d’agent de bord sur Corsair (ils ont toujours beaucoup d’humour), mais finalement, le château lui seyait à merveille.

Le Château de Roquetaillade a été restauré au 19e siècle par Eugène Viollet-le-Duc, celui là même à qui on aurait pu devoir l’Opéra de Paris (il en a signé l’escalier avant de se faire piquer le contrat par son non-pote Garnier). Cet architecte étonnant qui avait tout plein d’idées très avant-garde, réputé pour ses restaurations de bâtiments médiévaux, est reconnu pour son apport essentiel à l’architecture contemporaine. Et je le crois volontiers malgré mon inculture crasse en la matière.

Dans la chapelle, VLD qui revenait du Maroc, a opté pour une restauration de type mauresque dans laquelle les statues – subtilisables – sont troquées pour des peintures de saints. Du coup, 2 siècles plus tard, la famille De Baritault qui vit encore au château, n’a jamais été victime de délits et continue d’enterrer ses ancêtres dans la crypte.

Dans la salle à manger – je m’obstine avec mon mari sur la salle précise – l’architecte a eu l’idée de décoller les murs « peints » des murs de pierre. Résultat, moins d’humidité, et des décorations qui se pavanent, 150 ans plus tard, sans une ride. Dans le petit salon, il a mis des grandes tentures de tapisseries pour couper le froid et les courants d’air. On l’a constaté, ça marche. Au moins 3° de plus! Avant la salle à manger, il a installé un large lavabo avec une demi-douzaine de robinets pour que les convives, habitués à manger avec les doigts, puissent se laver les mains avant et après les repas. Une chambre à coucher – dite « rose » – est prévue mitoyenne de la salle à manger, histoire d’éviter aux convives trop soûls de retrouver leurs pénates. Un pont levis assure aux invités les plus fonctionnels, de rentrer chez eux sans traverser le château.

Enfin, la cuisine. Non mais, encore aujourd’hui, les actuels propriétaires – tous descendants de la famille d’origine, oui oui – y mangent quotidiennement. La cuisine est à tomber. Un îlot central est composé par le poêle : 850 kilos de fonte où se côtoient bains-marie (au pluriel, il y en a 8), rôtissoire, fours, chauffage pour ragoût, l’eau chaude récupérée des bains-marie… Plus loin, la cheminée où des broches de 2 mètres accueillent des animaux de  taille « raisonnable ». L’évacuation des mauvaises odeurs se fait par un tuyau… souterrain… question d’esthétique, de dire le concepteur. Puis des trucs incroyables, un entonnoir à vin en bois de 700 ans et l’ancêtre de la machine à laver. Des chaufferettes (leur vrai nom) en forme de petites valises pour réchauffer les mains des dames au Moyen-Âge.

Franchement, formidable. Bon, il fait un froid de gueux (autour de 16° en plein après midi) et il mouillasse, mais c’était vachement bien. Notre chien est resté sagement couché devant la cabane d’accueil sans faire juste mine d’aboyer ou de se plaindre. Il est tellement gentil ce toutou.

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Avant Roquetaillade, nous avons fait un tour du côté de Lucmau où le meilleur « vieil » ami de Fred a une maison de famille. Alors nous sommes tombés sur un village mignon à mort, avec une église surprenante, au bout d’une route – à l’aube de la Forêt régionale des Landes – longue, plate et droite. Et si on allait y courir ?

Depuis que j’ai publié cette note, le père de Fred m’a envoyé ce message : « Violaine Henrion, cousine germaine de la mère de Fred a épousé Geoffroy de Baritault, décédé en octobre 2009.  Les actuels propriétaires de Roquetaillade sont donc de sa famille. » Qui sait, peut-être serons nous invités pour un petit souper à la bonne franquette dans ce lieu étonnant!

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