une année en Gironde – 19 Côte d’azur

Trop de monde, trop de bruit, trop d’immeubles, trop de voitures… Pénible, encombré, moche, urbanisé, re-moche… sont les premiers commentaires que nous inspire notre bref passage sur la Côte d’azur. C’est vrai qu’à Antibes, la plage de galets de 4 mètres de large, coincée entre la route nationale, les rails de chemin de fer et les véhicules – souvent récréatifs – stationnés, ça ne nous branche pas trop. Mais on doit être vachement snob!

Nous sommes allés à Cagnes-sur-mer pour souligner l’anniversaire de notre copain G. 40 ans qu’une famille de type clan, comme la sienne, ne risquait pas d’oublier. Alors à peine mon stage d’écriture terminé, une fois la voiture de location récupérée – Fred a fait très fort sur ce coup-là, réservant un tout petit véhicule à son nom, en conservant mes papiers sur lui, ce qui fait que j’étais coincée à l’agence de Bordeaux sans pouvoir retirer la voiture… – le souper/dîner, les bagages et quatre heures de sommeil, nous avons embarqué deux adultes, deux enfants, un caniche, un gros sac de voyage, une glacière et un sac de bouffe dans une … VW Polo. Je ne sais toujours pas comment on a fait. Enfin, si, notre fils est encore petit et nous avons décollé à 3h30 du mat’ La tribu a dormi pendant les 5 premières heures sur les 9 prévues.

Finalement, la fête était formidable et valait le déplacement. La maison familiale, typique du coin avec son revêtement en chaux jaune, est accueillante. Nous avons dansé jusqu’aux petites heures sur des rythmes répétivement disco… Nous avons fait la connaissance des oncles, des tantes, des cousins… enfin pas tous, il y en avait trop. Tous partageaient une bonne humeur contagieuse. Voilà, c’était bien.

 

À l’occasion de cette fête, je nous ai trouvé un appart-hôtel à Juan-les-pins, à 10 km de là. Situé dans un environnement improbable entre des chantiers de construction, des supermarchés, un échangeur d’autoroute et … un bowling, la Résidence Olympe de la chaîne Odalys était parfaite pour deux nuits. La plupart des locataires sont des touristes de passage, mais visiblement, certains passent leur été là… Au secours.

Le lendemain, Fred et moi, jamais à court de bonnes idées, avons décidé d’aller courir. Nous voilà partis à Nice. Sur la Promenade des Anglais que nous parcourrons aller-retour (12 km) il fait déjà terriblement chaud – nous y arrivons à 9h15. Les joggeurs trottent, les cyclistes roulent, les Segways cherchent preneurs, le Petit train attend son lot de passagers japonais, les Rollers laissent entrevoir de longues jambes poilues, les touristes d’ici et d’ailleurs aux formats multiples et variés se traînent jusqu’à la plage. Nous arborons fièrement notre pneu bordelais tout en commentant sur tout ce qui passe à portée de regard.

C’est là que Fred a commencé à détester… D’autant que nous nous sommes forcément retrouvés bloqué dans un embouteillage au retour.

Avec les enfants affamés et nos amis les V., nous sommes partis bruncher à Antibes. Erreur. D’abord, trouver un stationnement relève du sport extrême. Ensuite, parcourir les petites artères encombrées de la vieille ville pour échouer dans une crêperie, ce qui constituait le meilleur compromis entre les amateurs de salé et ceux de sucré. L’ambiance globale, naturellement sympathique, s’est largement dégradée quand un musicien est venu nous imposer sa clarinette, douloureusement accompagnée d’un enregistrement rythmique sorti d’un ampli réglé de sorte à emmerder les 4 terrasses des restos environnants. Redoutable. Heureusement, la ballade digestive dans le port nous a réconcilié avec le plaisir de baver devant des bateaux de multi milliardaires, comme le Katara, 124 m, 10e plus long yatch privé au monde. La plupart des vedettes font passer les péniches Freycinet (38 m tout de même) pour des Zodiac! Quelques-uns ont toutefois obtenu l’unanimité des vieux – comme le Santa Maria, serait-ce une copie de celui de Some Like It Hot? – tandis que les enfants leur préféraient ceux directement sortis des films de James Bond.

 

Le soir, non contents de cette journée éprouvante, nous sommes retournés à Antibes. Encore à la recherche d’un restaurant. Nous avons cette fois atterri dans une taverne… alsacienne. Faut le faire. Heureusement, quand LE musicien du midi a réapparu, nous avions déjà payé l’addition. Pour souligner notre we sur la Côte, nous sommes allés boire un verre au bowling. Je passe sur l’étonnant karaoke du pub: rarement nous avons eu l’occasion d’entendre des gens chanter aussi faux sur l’hymne des… Restos du coeur. Voilà pour notre passage à l’Est.

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Lundi, début du retour vers notre maison. Première étape, Charly chez qui nous avons laissé le caniche. Nous décidons de prendre le chemin des écoliers et de faire une pause au Domaine du Rayol, l’inspirant site imaginé par Gilles Clément, entre Saint-Tropez et Le Lavandou.

Sur la route sinueuse qui longe la mer, les paysages deviennent enfin intéressant. Ici, les rochers tombent dans l’eau. Peu ou pas de plages. Fred décide de s’arrêter aux Viviers gréco-romains, que l’on devine grâce à un panneau, coincés derrière un quartier résidentiel. Ce sera notre premier et unique plouf dans la Méditerranée. Le site est magnifique. Nous sommes très loin du cauchemar azuréen. Il n’y a personne dans notre minuscule crique de cailloux. Les viviers étaient les réfrigérateurs à poissons des Romains. Les pêcheurs déposaient le fruit de leur travail dans des bassins construits à cet effet, sous l’eau. Pour la préparation des repas, hop, les cuisiniers allaient y chercher directement le poisson. Trop forts les Romains.

 

 

 

Dans cet endroit enchanteresse, Fred se réconcilie avec le Sud-est. Ça ne durera pas, mais je vole le punch de la journée! Évidemment, j’ai oublié le lunch chèrement payé au Carrefour local, à la réception de l’hôtel. Évidemment, les petits ont faim.Nous quittons donc notre site de rêve où le mistral s’est levé de manière subite à force 6, poussant tous les bateaux au mouillage à rebrousser chemin, et les chics ados locaux à sortir leur kayak de mer pour jouer dans les vagues. Achat d’un autre pique-nique, encore plus cher que le premier, ce qui multiplie ma culpabilité et les éclats de rire de Fred par douze. Juste avant les Issambres, nous trouvons une pinède à l’ombre, au dessus des rochers, en dessous de la route dont les bruits sont camouflés par le ressac.

À quoi reconnaît-on qu’on les bords de mer français?… aux avions publicitaires qui en sillonnent le ciel !

 

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J’ai découvert le Domaine du Rayol quand j’étais rédactrice en chef de Fleurs plantes jardins, à l’occasion d’un voyage horticole en Provence. Ce lieu inspirant, m’apaise et me ressource. Le jardin des Méditerrannées réunit en un savant aménagement paysager, les plantes des pays qui partagent le même climat. Elles viennent de Nouvelle-Zélande, d’Afrique du sud, du Chili, des Îles Canaries, de Californie ou d’Australie. Des spécimens étonnants qui, par exemple, se protègent des fortes chaleurs estivales en se laissant mourir en apparence, pour mieux ressusciter avec les premières gouttes d’eau. D’autres se multiplient avec les incendies qui font exploser la coque protectrice des graines. Après une promenade sur les 17 ha du terrain, passage obligé par la librairie où j’ai bien sûr envie de tout acheter. Je serai très très sage… mais la vie en France est très très chère – j’y reviendrai, alors malgré ma retenue, la note est salée.

Après ces douces heures passées dans ce parc d’exception, l’embouteillage de 2h pour traverser Le Lavandou a eu un goût amer. Les enfants ont cependant été parfaits: nous avons joué à découvrir la personne choisie par l’un d’entre nous, je somnolais, nous avons commenté les voitures, les motos, nous avons tenté de deviner pourquoi il y avait des vieux Jeep de l’armée américaine et des soldats en uniforme des années 50… Personne n’a râlé, geint ou pleurniché, les petits n’ont même pas essayé de s’entretuer! Maintenant nous savons. Sarko 1er était au Lavandou justement pour le 15 août, la ville était donc fermée à la circulation. Ségolène était dans le patelin à côté pour un meeting aérien. Et, un rassemblement en l’honneur du débarquement d’anciens GI justifiait quant à lui les déguisements vintage et autres vieux tanks. 

Depuis cette escapade à l’est, bien trop à l’est, nous traînons sur le bord de la piscine de Charly, entre les repas, la sieste et l’apéro. Ça sent enfin les vacances.

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