Au début j’étais pour, Pascal Henrard, Branchez-vous, 27 avril 2012

Depuis février 2012, les étudiants universitaires et collégiens du Québec sont en grève, pour dénoncer la décision du gouvernement d’augmenter les frais de scolarité de 75% en cinq ans. Tandis que le Premier ministre et la ministre de l’éducation refusent de négocier, plusieurs manifestations ont été réprimées sévèrement et la situation dégénère de jour en jour. Voici quelques textes qui invitent à la réflexion. 

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Au début, j’étais pour la hausse des frais de scolarité et contre la grève.

Je trouvais ça normal que tout le monde paye pour ce qu’il reçoit. Je n’avais pas intégré le vocabulaire lénifiant du gouvernement qui matraquait déjà que les étudiants devaient payer leur « juste part », mais une petite hausse, me disais-je, ça ne devrait pas faire beaucoup de mal. En tout cas pas de mal à mon confort.

Et puis j’ai changé d’avis.

Quand j’ai vu que la « juste part » ne s’appliquait pas aux multinationales, aux compagnies minières et aux entreprises en collusion.

Quand j’ai vu que la gratuité existait pour les autoroutes et pour les ponts mais pas pour l’éducation de nos futures générations.

Quand compris que la hausse ne règlerait pas le financement des universités et la bonne gouvernance de celles-ci.

Quand j’ai constaté qu’après six semaines de grèves, plus de 150 manifestations pacifiques et des tas d’initiatives créatives, les étudiants n’avait pas le moindre espoir d’une mini ouverture de la part de la ministre de l’éducation.

Quand j’ai vu qu’une poignée de lobbyistes avaient plus d’écoute de la part du gouvernement que 300 000 étudiants en grève.

Quand j’ai constaté que le gouvernement préférait épuiser la matière première plutôt que d’investir dans la matière grise qui, elle, est renouvelable à l’infini.

Quand j’ai écouté les professeurs et les étudiants et que j’ai constaté qu’il existait de nombreuses alternatives à cette hausse de 75 %. En voici quelques unes qui permettrait d’économiser des milliards à investir dans l’éducation qui pourrait vous faire aussi changer d’avis: augmenter la contribution des entreprises, rétablir la taxe sur le capital des entreprises financières, réduire la collusion et la corruption, demander leurs juste part aux minières,…

Bref, comme disait l’autre, quand j’ai compris qu’il y avait beaucoup de raisons de changer d’avis. J’ai changé d’avis.

Et si je n’avais pas changé d’avis avant, la campagne d’intimidation actuelle du Parti Libéral du Québec contre Gabriel Nadeau-Dubois me donnerait envie d’en changer illico.

Malheureusement, ce gouvernement ne changera jamais d’avis. Il n’a qu’un seul objectif: se faire réélire. Et il est prêt à créer le chaos pour y arriver.

L’opinion de Pascal Henrard, Au début j’étais pour, a été mise en ligne sur le site de Branchez-vous, le 27 avril 2012.

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