La Femme au miroir, Éric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2011.

J’aime bien Éric-Emmanuel Schmitt. Depuis L’Évangile selon Pilate (2000), depuis Oscar et la dame en rose (2002). Je suis moins accrochée à ses nouvelles Odette Toulemonde (2006) ou la Rêveuse d’Ostende (2007). Je n’ai pas encore lu La Part de l’autre (2001). Il écrit simple. Il ne s’écoute pas écrire. Surtout, il aborde fréquemment un sujet qui me touche : le rapport à la spiritualité.

J’ai été élevée dans une famille d’anti catholiques primaires, tendance bouffeurs de curés. Pour me marier à l’église, j’ai cherché la preuve de mon baptême pendant des mois. Aucun membre vivant de ma famille ne s’en souvenait. Ma vision de la religion – spécialement catholique – est  remplie d’images négatives, pourtant, je rencontre des tas de gens sauvés par leur foi inébranlable. Ils m’émeuvent et me réconcilient avec un dogme qui s’est, à mon très humble avis, coupé de la base de ses fidèles.

Dans La Femme au miroir, Eric-Emmanuel Schmitt trace le portrait de trois femmes qui, à trois époques différentes (Renaissance, 19e siècle et aujourd’hui) sortent du cadre qui leur est réservé, pour trouver leur véritable nature. Anne fuit son mariage arrangé et trouvera la paix en devenant béguine à Bruges; Hanna s’ennuie auprès de son richissime mari viennois et s’entichera de psychanalyse; Anny, comédienne prodige, s’oublie dans la consommation permanente de drogues. Le destin de ces femmes se croisera au fil des pages.

Chacune à son siècle, chacune à sa manière, refuse la voie tracée pour trouver le chemin qui lui est propre. Ce sont des femmes qui, en toute simplicité, ne croient pas qu’elles soient faites pour le parcours qu’on leur propose. Elles ont de l’énergie, du courage, suffisamment de courage pour abattre les murs, les carcans sociaux. Bien sûr, ce sont des personnages de romans, mais quand on découvre l’histoire de la peintre Artemisia Gentileschi, on se dit que ce type de femmes a existé. Elles me plaisent, forcément.

Tout au long du roman, l’interrogation sur la place de la religion m’a rejointe. Anne qui questionne le prélat qui l’accompagne dans sa quête mystique. Hanna, que l’approche psychanalytique effraie. Anny qui se cherche une foi à laquelle se raccrocher pour ne pas errer jusqu’à la fin de ses jours. Aussi, ces femmes pourtant cadenassées par les préjugés de leur temps, acceptent de s’ouvrir l’esprit pour mieux réfléchir.

Ce sont des femmes profondément libres. Je ne suis peut-être qu’une midinette, mais elles me font rêver.

*****

J’oubliais. Ce roman est écrit comme un polar. La preuve qu’une structure narrative efficace fonctionne dans tous les styles.

Merci Florence pour ce cadeau.

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