une année en Gironde 70 – instants parisiens en famille

Décidément, n’en déplaise à Thomas Dutronc, moi j’aime Paris. Peut-être parce que je n’y vis pas, que j’y suis née. Peut-être pour l’enfance passée. Malgré les grognements, les gueules antipathiques, le monde, la promiscuité, les transports en commun, les odeurs nauséabondes, je me sens chez moi. Les souvenirs, les copains. Mes trips à moi. Mari et enfants ne partagent pas forcément… même s’ils en ont envie de s’y frotter.

Alors voilà, pour l’Ascension, on a craqué. Court week-end à la capitale. Plein d’idées et tout autant de changements au gré de l’humeur, des intérêts et de la météo. Une impro fréquente qui deviendrait mode de vie si on n’y prenait garde. Mais la dyspraxie du petit s’en accommode très mal et notre entourage a du mal à suivre. Donc, un petit programme de base, prêt à être modifié. Tout ça sans compter les copines que j’aurais adoré voir – prochain passage dans plusieurs mois seulement. Bref, une fin de semaine parisienne en famille.

Aller à Paris signifie prendre le train. Le bonheur de mon fils. Ah, le TGV. Ça l’excite, ça l’inquiète. Serons-nous à l’heure ? Dans quel wagon ? Est-ce qu’il faudra marcher beaucoup ? Où est le wagon bar ? Deux films plus loin, nous sommes arrivés. Bus 91. Vous reconnaissez les enfants, on va à l’appartement, rue Glacière. C’est l’hôtel, maman ? Oui, genre. À 23:00, Fred n’est toujours pas là. Il vient à moto de Bordeaux. J’aime pas. Mon portable/cellulaire déconne, il ne peut pas me joindre. Finalement, vers 23:30 j’entends l’Italienne, toujours aussi bruyante quand elle rit de rouler si vite dans les rues du 13e.

L’Italienne à Paris… rutilante.

*****

Jeudi. Famille à Saint-Germain. Bonne idée, mais il faut y aller. Ascension, férié, transports en commun au ralenti. J’en rajoute. J’aime le bus, nous irons en bus. Le 83 cette fois. J’ai mal calculé mon coup, nous débarquons en bas des Champs-Élysées. La plus belle avenue du monde… qu’il faut remonter jusqu’au RER. Valises en main, les enfants s’en moquent. Lumi virevolte à chaque coin de rue. Elia rouspète. Arrêt photo. Allez encore une. Maman, ça suffit. Devant l’Arc de Triomphe, pensez à votre coach de poney, elle a demandé une photo. Sourire. RER, nouveau bonheur de mon fils, sauf que notre siège sent le diable. Finalement on arrive. Vite, des fleurs.

Journée sourire, tout le monde est là. Manu, Pascale, les enfants, les parents… on rigole on taquine on se souvient on questionne on raconte. La vie. Fin de journée, je ne tiens plus debout. Nous partons marcher sur la Terrasse de Saint-Germain. Il fait doux. Apéro avec les amis, la pétillante Marie Sophie et son étonnant mari. Les conversations font des bulles. On rit. Tout semble léger. Arrêt du temps. Je suis chez moi.

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Vendredi. Paris. Vous voyez les enfants, Saint-Germain, ce n’est pas Paris. 1 heure de métro. Par quoi commencer ? Allez hop, métro Bonne nouvelle où nous attendent Les Étoiles du grand Rex, une activité animée dédiée au lieu et au cinéma en général. Ainsi, guidés par une voix de maître de cérémonie, nous suivons un parcours parmi les étages de cet endroit dédié aux spectacles, aux événements majeurs (Les Césars, par exemple) et aux films. Nous traversons la salle de projection, celle de montage, et – attraction centrale – le plateau des effets spéciaux. Les visiteurs participeront à la réalisation d’une séquence dont les extraits seront vendus à la sortie. Attrape-couillons, certes, franchement sympathique si on accepte de jouer le jeu. À un moment donné, on marche sur une plate-forme au centre d’un cylindre rotatif, recouvert d’étoiles scintillantes. C’est affreux. On a tellement l’impression de tourner. Mal de mer garanti en quelques pas à peine.

Resto sur le boulevard Bonne Nouvelle. Le Delaville est au-dessus de nos moyens. Nous aboutissons dans un bistro sympa aux croque-monsieurs géants sur pain Poilâne. Les camions de nettoyage vident leurs cuves devant notre terrasse. Ça pue. Non mais, encore plus que d’habitude.

Promenade jusqu’au musée des Arts et métiers. Un lieu figé dans le temps, consacré aux découvertes fondamentales : instruments scientifiques, matériaux, énergie, mécanique, transports, communications, alouette. Réservé aux passionnés et aux érudits… Pour les profanes, ça manque d’interactivité. C’est un musée à l’ancienne, académique à souhait. Impossible d’accrocher si on n’est pas tombé dedans quand on était petit!

Le créon, premier ordinateur « domestique » en 1980. Il a la puissance de calcul d’un IPad II d’aujourd’hui, et le format d’une cuisine américaine !

Musée des Arts et métiers… compliqué !

On repart vers le Pont-Neuf et les bateaux mouches. Monsieur petit bonhomme geint à peu près tout le parcours. Et dire que je suggère à tous nos amis qui se baladent dans Paris avec de jeunes enfants, d’apporter une trottinette. If only I had a brain… Les animatrices du bateau-mouche commentent en rigolant. Ce sont des stagiaires – et non des guides officielles, comme elles nous le signaleront à la fin – qui ponctuent l’heure de ballade d’informations en français et en anglais approximatif, une langue très prisée à Paris. Vu que ça fait trois fois que j’y vais en dix mois, je commence à bien connaître. Coup de chapeau aux photographes de bord qui parviennent en un temps record à rendre beaux, absolument tous les passagers.

Et qui dort dans le RER de retour ?

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Samedi. Cheval. Académie du spectacle équestre de Versailles (voir le texte) en répétition le matin et en représentation le soir. Interlude avec deux reprises/cours au poney club paternel et découverte d’un « vrai » instructeur d’équitation, gentil mais gueulard. Français, quoi.

Dans la famille, le culte de la relique prend tout son sens, et les enfants adorent. Faire du cheval dans le même Poney club que papa, à 40 années d’intervalle, est un vrai privilège…

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Dimanche. Glandouille pluvieuse. Au lieu de se délecter dans un musée ou de traîner au jardin du Luxembourg, mes légumes favoris se sont écrasés devant l’ordi avant de roupiller franchement. Pfuu, c’est nul, mais rien de grave, ça me donne une bonne occasion de retourner à Paris pour faire tout ce que j’aurais voulu faire sans oser le demander…

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Une réflexion au sujet de « une année en Gironde 70 – instants parisiens en famille »

  1. J’adore, je suis vos péripéties françaises avec beaucoup de plaisir; ravie de voir que tes sensations parisiennes persistent malgré le temps! Souvenir pour moi de la rue de la Glaçière, ma mère y a grandi, j’y suis beaucoup allée donc pendant mes quinze premières années puisque ma grand-mère y vivait encore; c’était au 24, dans l’appartement où vécurent Pierre et Marie Curie, sous le papier peint les murs étaient remplis de formules mathématiques! Je ne sais si nous aurons l’opportunité de nous voir, mais ta chronique française entretient mon goût du voyage que je ne peux plus assouvir depuis 5 ans, conséquence de mes problèmes de santé et donc d’un salaire réduit. Alors on ravive peu peu la flamme avec mon fils maintenant âgé de 16 ans et rêvons souvent d’une grande escapade aux USA, Canada, Québec et autres horizons lointains. Votre dynamisme à tous, votre soif de découverte me donne la pêche en attendant, j’espère dans pas trop longtemps, de continuer à découvrir les « ailleurs »!

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