petit bonheur quotidien

Dans ma vie d’aujourd’hui, en France donc, il y a au moins un truc vraiment formidable : je ne prépare plus de boîtes à lunch. Les mères Québécoises savent de quoi je parle ! Oui, les femmes, les pères et les hommes en général préfèrent s’en passer. De Montréal à Gaspé en passant par Sherbrooke et le Saguenay, chaque matin – chaque soir pour les mieux organisées – trop de minutes sont consacrées au pique-nique des enfants (et du leur, la plupart du temps).

Au Québec, les cantines scolaires développent un goût douteux et des habitudes alimentaires plutôt déplorables. Les centres aérés estivaux n’offrent rien du tout. Les adultes, employés, ne disposent pas de cafétéria d’entreprise et ne sortent pas systématiquement au restaurant le midi : ça revient cher (le « ticket restaurant » n’existe pas) et nombreux n’ont qu’une demie-heure de pause repas. S’ajoutent toutes les allergies alimentaires possibles…

Autant de bonnes raisons pour composer une « gamelle » (appellation made in France de la « boîte à lunch »).

Je me suis longtemps contentée d’un sandwich composé d’aliments santé, de quelques légumes frais coupés en morceaux, d’un fruit et de biscuits sucrés ou salés. L’hiver, une soupe accompagnait le tout. Évidemment, il faut une cuisine collective qui dispose de micro-ondes. Sinon, on doit utiliser des bouteilles Thermos. Et encore, même servie bouillante dans un contenant préalablement réchauffé, la soupe arrive souvent tiède à midi. Un jour j’ai découvert la multiplication des portions… Au lieu de préparer un repas pour 6, je faisais 10 portions : 6 pour le souper/dîner, et 4 pour le lendemain midi. Ça zappait l’histoire du sandwich et améliorait la qualité des menus.

Quatre enfants, neuf années de scolarité pré-collégiale/ pré-lycée, des camps d’été/ centres aérés et quelques années en entreprise pour les adultes… Imaginez le nombre de lunchs que j’ai préparés !

Le calcul est facile : faire chauffer la soupe et le Thermos, préparer le sandwich, découper les légumes et/ou fruits, etc. Bien sûr, il faut nettoyer tout le bastringue – les petites boites en plastique, les couverts, la boîte à jus – après utilisation, sans compter les dégâts traditionnels : chute de yaourt, banane écrasée. Et – sacro saint recyclage oblige, exigez des enfants qu’ils rapportent les épluchures (pour le compost), et les contenants à trier. Une sinécure.

Aujourd’hui, au primaire et au collège, mes deux petits mangent à la cantine. Comble de mon petit bonheur quotidien ? Ils aiment ça.

*****

note. Le concept de « gamelle » fait son chemin en France aussi. Au pays du style, pour valoriser le principe, les designers ont opté pour le petit look sympa des bentos, ces boîtes d’inspiration japonaise qui existent depuis des lustres en Asie. Ça change du Brown Bag Lunch si chic à New York.

 

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