décalage horaire

… la loi des expats’.

Je me sens doublement décalée : Française au Québec, nord-américaine en France. 25 ans de vie à Montréal, cernés de 21, puis deux années à Lille, Paris et aujourd’hui Bordeaux.

bonheur

Grand écart mental. Manque affectif.

Je connais les rues d’un paquet de villes ici et là-bas, quels détours emprunter pour éviter les embouteillages. Je maîtrise les tournures de langage locales, les boutiques de base incontournables à ceux du cru, un peu de la mémoire collective aussi, les codes… Et non, justement, je m’y perds.

Mise à jour quotidienne, ou presque. Adaptation permanente.

Mes amis sont de chaque côté de l’Atlantique. Ils ont contribué à me construire. Les amies, de celles que j’appelle à n’importe quelle heure pour pleurer ou éclater de rire, habitent sur Henri-Julien, Christophe-Clomb, rue de la Folie-Méricourt ou rue Gay-Lussac. Aucune importance. Les amies restent, malgré mes départs.

Mes filles, elles, grandissent, embellissent, s’affirment dans leur vie adulte… au Canada. Elles me manquent terriblement.

Dans chaque nouvelle vie, plusieurs me demandent pourquoi j’ai quitté la précédente ? Je ne crois pas au hasard, mais je n’ai pas la réponse facile.

J’ai quitté la France encore ado presque, officiellement parce que je tournais en rond, je risquais la dépression, je ne savais pas quoi faire de moi, je me sentais étriquée, etc. Officieusement, j’ai reconnu quelques années plus tard, que j’avais fui ma famille. J’avais mis 6000 km entre elle et moi, pour exister par moi-même. Sortir du moule.

Sacro sainte fuite. Plus simple pour moi que l’affrontement des problèmes et de la réalité…

Pourquoi ai-je voulu quitter le Québec, ce lieu privilégié de renaissance pour moi. Cet endroit qui fait rêver les francophones de la planète et accueille 30000 Français par an ?

Je n’ai pas spécialement cherché à venir en France, je n’y avais même pas songé six mois avant le départ. Je serai bien allée n’importe où… J’avais adoré Brooklyn. Oui, au point d’y vivre. À une époque nous aurions pu partir en Guadeloupe. Non sérieusement, je ne fantasmais pas sur mon pays natal. Comment le faire en cette époque perturbée de crise économique et de morosité nationale ?

Le hasard, alors ? Je n’y crois pas plus qu’avant.

Si c’était ça ma vraie résolution ? Trouver, me trouver parmi ces changements radicaux, aussi difficiles que stimulants. À une différence près, à 20 ans, célibataire et sans enfants, je n’impliquais personne dans ma mouvance. Aujourd’hui…

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