enfin des photos, plein de photos…

Depuis 24 ans, le printemps Bordelais est ponctué des Itinéraires des photographes voyageurs. Une promenade visuelle dans 10 lieux urbains. Des photographes professionnels y côtoient la nouvelle génération autour d’interprétations personnelles du monde. Heureusement, l’événement dure un mois : il faut prendre son temps, aller d’une salle d’exposition à l’autre, et déguster toutes les impressions que suscitent des images particulièrement variées.

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Ainsi, à l’Espace Saint-Rémi, derrière la place de la Bourse, Zaïda Kersten (My White Desert) évoque son séjour dans le grand nord Finlandais, dans une Laponie gelée et enneigée qui n’existe qu’en noir et blanc.  Dans cet espace aux volumes impressionnants, le contraste avec les photos de Marine Lanier (La vie dangereuse, 2013) – plutôt sombres, voire dures – est saisissant. À part les clichés, en très gros plan, de détails d’épaves de voitures calcinées, rien ne m’a vraiment touchée; j’ai plutôt vu une succession d’images assez brutes, dont le sens m’a échappé.

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IMG_5947 À cinq minutes de là, au 57 rue Mably – coeur du Triangle d’or – l’agence Terres d’aventures/Voyageurs du monde ouvre son sous-sol et accueille les photos troublantes de Joanna Chudy (Silesian Ulysses). Entre l’esthétique épurée d’Hitchcock et la perversité diabolique de l’Exorciste – sans créer véritablement de malaise, des clichés de petites filles sages ou virevoltantes. Robes blanches et souliers vernis, robes noires et dentelles des jumelles sorties d’une autre époque. L’auteure dit traduire la vie en Silésie, mais les photos sont aux antipodes du reportage documentaire. La photographe donne ici sa version artistique d’une réalité. Un vrai coup de coeur pour moi.IMG_5946 IMG_5945

IMG_5818Toujours rue Mably, cette fois dans la salle capitulaire de la sublime Cour, deux autres créateurs d’images travaillant dans des univers diamétralement opposés. D’un côté Thierry Girard (Après le fracas et le silence, 2011-2012) rapporte de manière presque clinique, des clichés de l’après tsunami à Tohoku au Japon, puis des ébauches de reconstruction. Le résultat s’approche plus du reportage scientifique que du développement artistique, mais la force du propos frappe, forcément. Les visages sans expression, les hommes au stoïcisme simple, les situations improbables – comment ce cargo peut-il être encastré dans un trottoir ? – les immeubles aux murs disparus qui tiennent debout. Surprenant et émouvant. À noter, quand je suis passée le 2 avril, les vignettes explicatives n’étaient pas encore installées : ça manquait !!

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Au fond de la salle, changement d’ambiance radicale avec les photos artistiques de Julia Bourges (Umbra). Le travail graphique est poussé tellement loin que la plupart des clichés sont indissociables de tableaux. Je pense à un bouquet d’épis de blé qui semble avoir été tracé à la plume. Ou l’image représentative de l’exposition…

IMG_5949L’ombre d’un arbre qui se découpe sur un mur peint à la chaux. Mélange entre la matière au premier plan et le découpage en écho. Franchement, c’est magnifique.

Pas de chance du côté du centre Cervantès, cours de l’Intendance, où l’exposition n’était pas encore montée.

SAMEDI 5 AVRIL, dès 9:30 et jusqu’à 19:00, les photographes seront sur les lieux d’exposition pour rencontrer les visiteurs.

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