brève de chambre

Ce matin, il est hilare. Enfin ce matin, la dame de compagnie arrive rarement avant 13:00 chez monsieur E. Il attend, étalé dans son canapé de cuir défraîchi. Vert. « Je m’emmerde, qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? Alors je dors, c’est ce que j’ai de mieux à faire » hurle-t-il en guise d’explication.

Pas aujourd’hui. Espiègle, il l’attend à table, sous le auvent de la terrasse. Il a du poulet jusqu’aux yeux. Le dentier encore plus bancal que d’habitude. La barbe poivre et sel épicée de jus.

– « Vous n’étiez pas là, hé, j’ai pris le poulet » claironne-t-il vaillamment, l’accent coincé dans le gosier. Il est fier comme le coq qu’il vient de bouffer, et sourd comme un pot.

Il a pris le poulet, et les chips, dans lesquelles il plonge une main enthousiaste.

La volaille est presque désossée. La carcasse n’en mène pas lourd. La dame de compagnie s’interroge. Pppffuuu. Elle n’est pas sa fille, elle ne va pas le gronder non plus. Après tout, il est diabétique, mais n’accuse pas un taux de cholestérol délinquant. Allez, ses deux verres de vin rouge dissoudront la sauce. Mais ça, c’est une autre histoire…

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