brève de chambre

Ce matin, absence. Son corps éteint dans le canapé, madame B. regarde ailleurs. Ses cheveux planent autour de sa tête. Même le chat – la prunelle de ses yeux, reste loin. Il n’ose pas déranger. Yvette, la dame de compagnie, s’interroge.

– « Ma fille est malade. Je suis inquiète » abandonne finalement la nonagénaire. Une bouteille lancée dans l’océan de sa détresse. La faute à pas de chance. Elle aimerait tant qu’on l’aide. Non, qu’on la comprenne. Non, qu’on l’aide à aider sa fille.

L’effet mère dure toujours, dit en sentence un plateau de verre peint qui traîne dans le salon.

La fille a plus de 70 ans. Surmenée, elle s’est plainte – une fois n’est pas coutume, de maux divers et avariés. Devant la crise d’angoisse de son aînée, madame B. en oublie son âge avancé, les médicaments qu’elle n’a pas pris, la fuite d’eau de la salle de bain, les travaux dans le salon, Minette qui fait des bêtises chaque jour un peu plus. Elle n’est plus que mère. Fou.

Quelques jours plus tard, la septuagénaire remise de ses émotions, racontera à Yvette l’inquiétude que lui procure l’état de santé de sa mère. Elles ne sont pas possibles ces deux-là, mais ça, c’est une autre histoire.

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