Bordeaux : Base sous-marine

Samedi. Il pleut. Contre la demande d’un repas chez Ikea, les enfants m’accompagnent à une exposition. Sur le chemin, ça tombe bien : la Base sous-marine de Bordeaux. Je veux la découvrir depuis longtemps. Je ne sais pas à quoi m’attendre.

En 2009, à Noël, je suis entrée dans un sous-marin. C’était à San Diego, en Californie. Il faisait 25° dehors, et je n’oublierai pas cette sensation de froid, d’humidité… d’étouffement. Que des soldats se retrouvent à bord en temps de guerre, soit. Que des militaires choisissent volontairement d’y être affectés, me questionne. Comment choisir d’être un rat de laboratoire (enfermé), ou un asthmatique à 4000m d’altitude (avec peu d’oxygène). Mon fond de claustrophobe sûrement.

La base sous-marine de Bordeaux est l’une des cinq construites sur la façade atlantique française par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Bâtie dès 1941, elle abritait les vaisseaux italiens et allemands, je lis dans Wikipédia. Je ne savais pas, et je ne suis pas surprise. Aucune raison.

Le lieu est brut. Déroutant. Froid. Trouble.

Plongeon vers des années sombres. La guerre est inscrite quelque part en moi : les histoires racontées, les personnages héroïques ou lâches, les films plus ou moins éloignés de la réalité, les cours d’école laborieux. Pas le choix. C’est aussi mon histoire. Même de très loin.

« Il ne faut pas acheter de parfums Guerlain, il a fermé sa porte aux Juifs ». Remarque entendue la semaine dernière, de la bouche d’un quadra français. Aujourd’hui. Cet homme « ordinaire » se porte encore garant de la grande Histoire. Elle est en nous. En tout cas, nous Européens.

C’est peut-être ça qui m’a autant émue à la BSM. Cette impression de toucher une parcelle historique. Une réalité sortie du musée. Bordeaux me laisse souvent ce sentiment, parce que c’est une ville de plusieurs siècles, et d’histoires à faire dresser les cheveux sur la tête.

Aujourd’hui, la Base sous-marine accueille des expositions d’art.

Mes photos sont moches. Une des limites du iphone : le manque de lumière. Quelque part, l’imprécision témoigne de l’étrangeté des lieux, et de la fascination aussi.

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