une année en Gironde

28 avril 2011, 15h30, un message m’attend : « Bonjour c’est Guy M., normalement c’est Corinne qui appelle. J’aimerais parler à Pascale, j’ai des bonnes nouvelles à annoncer. »

Je rappelle illico pour tomber sur un répondeur. Je ne cache pas mon excitation, d’autant que c’est l’anniversaire de Guy. Il a 50 ans aujourd’hui et je trouve que l’annonce de notre échange est un super cadeau!

16h30… nouveau message, de Corinne cette fois : « Ben alors, Pascale, qu’est-ce que tu fais? Appelle-nous! »

Je rappelle et parle à Guy. C’est vrai, ça marche. Je crie de joie! Nous discutons pendant près d’une heure, du projet, de l’échange, de boulot, de factures, de découvertes, de notre trip collectif…

On est trop content. Enfin, ultra fatigué, tendance déprimé, Fred est le moins enthousiaste soudain. Lumi hurle, Elia est tout sourire. J’appelle les copines pour annoncer la nouvelle : Annelise, Annie, Anne; évidemment j’envoie un premier statut fb, puis un 2e. les réactions arrivent, tout le monde est content pour nous et nous encourage dans cette belle aventure.

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Ce grand délire a commencé quand, en janvier dernier, comme chaque hiver depuis plusieurs années, j’ai eu besoin de me trouver un projet. Je n’arrivais pas à terminer le manuscrit de mon premier roman. Ce dernier chapitre en friche était un cauchemar. Pas moyen de m’y plonger sérieusement. Bien sûr, le froid commençait à être cinglant et pénible. Et puis la routine de la saison de ski qui me rentrait dedans : semaines à Montréal, week-ends à Bromont, course poursuite entre les cours des enfants, les repas, le ménage, les bagages à faire et défaire, l’équipement à chercher puis peut-être trouver.

Le souvenir heureux de notre séjour au Maroc a commencé à faire surface. De quelle manière pourrait-on y retourner en famille? Pour le moins, comment pourrais-je y aller? Alors j’ai développé le projet de stage photo. Suite à une longue discussion avec Patrice H. j’ai laissé tombé; je n’ai plus la vocation de faire du baby-sitting d’adultes en voyage. Et il y a eu cette journée charnière. Je discutais dettes et hypothèque avec ma banquière quand je lui ai demandé ce qu’elle penserait d’un séjour d’un an au Maroc. Bien placée pour le savoir, vu qu’elle même y est retourné un an en 2010, elle a sauté de joie. « Quelle bonne idée! Et puis un an, c’est rien; Ça n’engage rien. Quand on arrête de se dire qu’on part jusqu’à la fin de nos jours, on s’autorise plein de choses, c’est beaucoup moins angoissant. Quand on revient, on a pris juste assez de recul pour retrouver notre vie d’avant avec plein d’énergie. » Si elle avait su quelle graine venait-elle de planter…

Comme un limier sentant le gibier, quand je me mets une idée en tête, elle ne reste pas coincée dans mes chaussures. Je deviens un chien de chasse obsédé par sa proie, j’avance sans relâche. Une conversation avec Catherine C. plus loin, nous pensons partir à Casablanca et partager une maison… Visiblement pour pas trop cher, on trouve des baraques immenses, du personnel, de la bouffe divine et même peut-être du boulot. L’idée suit son cours et bloque net sur Fred qui refuse de partager son territoire à long terme.

C’est alors que j’ai eu l’idée de fureter sur le site echangedemaisons.com; des fois que j’y trouverais un projet! Et là, j’ai découvert une maison de rêve. Un bâtiment classique assez carré, deux étages, semblant peint à la chaux, avec un second bâtiment ressemblant à une tourelle. Un intérieur de magazine aux teintes épurées privilégiées par Martha Stewart. Une des chambres blanc cassé et gris clair est juste magnifique. On a envie d’y faire la sieste, naturellement. Jusqu’au dortoir des enfants avec des lits superposés, qui est accueillant. Forcément, coup de foudre total. Il reste à convaincre Fred.

Sa première réaction est parfaitement légitime. Sa boite de réno est en pleine expansion, il a un partenaire de travail avec qui il s’entend bien. Non, il ne peut pas partir. Tournant en rond en cherchant une idée, me débattant avec un contrat de travail rébarbatif et déprimant qui commence à virer au vinaigre, je craque. Je nous inscris sur le site et j’envoie une lettre à la famille.

Moins de 24h plus tard, je reçois une longue lettre très drôle et parfaitement sympathique qui nous présente la famille M. Il est Québécois expat en France depuis 20 ans, elle vient du Sud. Ils ont deux enfants à qui ils veulent faire découvrir le pays paternel. Il travaille au CNRS, à ce titre la famille est déjà partie à Amsterdam et à Montpellier. C’est au tour de Montréal d’avoir leur préférence. Stimulé par mon enthousiasme et mes arguments qui frisent la mauvaise foi, Fred accepte de jouer le jeu. Les enfants aiment l’idée de se rapprocher au moins un peu de la famille – grands parents et cousins leur manquent – de découvrir un nouvel endroit, de faire de l’équitation, d’aller dans une toute petite école pour Elia et d’étudier l’Antiquité au Collège pour Lumi. Les grandes resteront et vaqueront à leur vie de grandes. D’accord, nous nous lançons.

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Une réflexion au sujet de « une année en Gironde »

  1. Quel beau projet! Je serai bien contente de suivre tes aventures « Girondaises » sur ton blogue!
    Petit traumatisme: Lumi au collège? Ouch! Je me souviens d’elle aux Papillons du Jardin Botanique… pas certaine qu’elle allait à l’école! Coup de vieux!

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