eh les girls

Hier matin, j’ai pleuré. La veille aussi, mais le soir. Trois jours de larmes incontrôlées, incontrôlables. Chaque pensée s’accompagne de sanglots. Tristesse, déprime, joie, bonheur, mes yeux transpirent à grosses gouttes sans efforts apparents. Qui suis-je ? Je ne me reconnais pas.

Bien sûr, la vie. Ses emmerdes. Le fric, son absence. Le boulot, sa recherche. Le froid, la pluie, l’hiver. Rien qui justifie un tel débordement lacrymal. L’éloignement de mes filles et de mes amies… Je suis une femme raisonnable (presque).

pieds

Et, cette photo des pieds d’un homme. Ils sont noirs, cabossés, craquelés, endurcis par le quotidien. Les semelles de ses sandales sont des bouteilles de plastique vides. Un vague caoutchouc les retient. « Tell Me Your Life is Tough » disait le commentaire. Alors comme ça, votre vie est difficile ? Tout mon quotidien semble si superficiel.

Je fais le maximum. Bouffe équilibrée, limite de la consommation d’alcool, focus sur les émotions positives, vitamines et graines de lin, pollen et luminothérapie. Je ne me reconnais pas: moche, nulle, incapable. Le moindre effort est insurmontable. Je pleure, encore.

Aujourd’hui, c’est fini. J’ai compris. Trois lettres redoutables. PMS ou SPM, syndrome pré-menstruel: déséquilibre hormonal, prélude aux règles. La fatigue et le manque de sport l’accentue. Mais là… Un rouleau compresseur m’est passé dessus. Je me sens comme le méchant juge, à la fin de Who’s Afraid of Roger Rabbit? Dévastée.

james_dean_porsche_spyder1

Mal entourée, mal aimée, j’aurais pu changer de vie radicalement, ou l’achever dans un mur. Il m’aurait fallu une Porsche, j’aurais eu le suicide artistique comme James Dean. Aujourd’hui, c’est fini. C’est la première fois que ça m’arrive, à l’heure de la ménopause. Je suis bien lente.

Et après, les mecs vont dire qu’ils nous subissent dans ces moments-là ? Mais attendez les boys, c’est un cauchemar. Le pire bad trip jamais enregistré. S’il-vous-plaît messieurs, la prochaine fois que votre compagne/maîtresse/épouse perd pied, vous envoie promener (voire pire), hurle et sanglote sans raison, faites preuve d’empathie. Un peu comme ces deux Hollandais qui ont essayé d’encaisser les douleurs d’accouchement, histoire de vérifier si on en rajoutait pas un peu !!

Empathie. Je lis plein d’articles à ce sujet. C’est ça, em-pa-thie. Il y a aussi OSS 117, Mission Cléopâtre, Didier et n’importe quelle comédie qui change les idées. Ou, un câlin. Je redouble de larmes, mais elles sont plus gentilles.

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2 réflexions au sujet de « eh les girls »

  1. Ça fait environ 2 ans que je me reconnais plus. Depuis 2 mois, je me suis mise aux hormones – je revis et me retrouve avec surprise et soulagement. Alors oui, je compatis et j’empathie (sic?). C’est inquiétant de voir que de toutes petites hormones peuvent avoir comme effets majeurs – et dévastateurs. Plein de bises, un câlin.

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